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ThinredlineElucubrations creuses d'un étudiant en droit administratif (mais pas que ça, des fois je dis des trucs intéressants. Ou pas)

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Statu quo

Par Thinredline :: 25/06/2008 à 10:18
On meurt de chaud. Je marche sous un soleil de plomb, direction Austerlitz. Vue du pont du General De Gaulle, la gare semble être un mirage, la chaleur se reflète sur les barres en verre du quartier de la BNF et du Quai de la Rapée jusqu'à Bercy et l'imposant ministère des finances. J'ai deux heures à tuer. Direction Saint Michel, un livre à acheter. Je ne sais pas trop ce qui va se passer tout à l'heure, la fin ou le statu quo. En attendant un touriste me demande de le photographier dans l'axe de Notre Dame me confiant son numérique. Soit j'inspire confiance, soit ce type est fou... j'allais lui assèner un "you're crazy ? you're in paris!" mais je me suis contenté de prendre sa photo, il avait l'air content du résultat. Je remonte le boulevard Saint Germain, arrivé à Cluny-Sorbonne je me fais agresser par une bande d'étudiants écolo avec un gilet orange fluo estampillé "WWF". Une rouquine avec un keffieh me lance "l'environnement, les espèces menacées, c'est important non?". J'ai pas le temps, et surtout pas envie de rester ici au milieu de la foule. Elle me dit qu'elles sont là jusqu'à 19h de toute façon. J'ai un chat obèse qui ronfle devant la télé, je crois que niveau protection des espèces rares je donne déjà. J'ai entendu une fois, sûrement pendant une canicule, que lorsqu'il fait 30° à l'ombre, au soleil la température dépasse les 60° au soleil. Je dois la retrouver après le travail, direction le Jardin des Plantes, case départ ou presque, encore à pieds. Je remonte l'allée dans la poussière blanche. Sur le côté pour une expo ils ont mis des panneaux sur l'évolution géologique de la Terre. On remonte 4000 millions d'années sur la travée Est. Eprouvant. Devant l'entrée de la galerie de l'Evolution il y a un muret, dans l'axe des deux portes Sud, je m'y assois et lit en attendant. Une fille fait de même juste en face de moi. Un serveur du salon de thé accolé à la Mosquée vient me demander du feu. J'ai un briquet, il me remercie et ajoute "hey, fais pas la tête, la prochaine fois ce sera une fille qui viendra te demander ton feu!".

Dimanche, dans le RER, en face de moi, sur la travée d'à côté il y avait un homme. Il fixait avec anxiété son portable. On pouvait lire une certaine détresse dans son regard. Il devait avoir la trentaine, d'apparence assez discrète et un air fondamentalement gentil qui inspirait la confiance. Le genre de personne qu'on croise rarement dans un RER en fait. Son smartphone s'allume, un coup d'oeil, son visage s'illumine, il répond et parle doucement. Peu à peu il se décompose, pâlit, murmure un "mais je t'aime..." discret. Fin de la communication. Il regarde dans le vide l'air hagard, les yeux rougis, un moment. Et il craque, prend sa tête dans ses mains et sanglotte. J'ai vécu exactement la même chose, et crains de revivre ça sous peu. Peur peut être infondée, mais qui devient physiquement présente. J'ai failli lui parler, mais on approchait de gare de Lyon, il s'est levé et a marché sans entrain vers les portes. Sentiment étrange, c'était peut être moi dans 10 jours ou dans 10 ans. Je sais pas si c'est la distance qu'elle a mis entre nous ces derniers jours, ou du moins sa façon de se comporter très différente d'avant (ou même de la semaine dernière), ou bien le temps, mais j'ai une envie de gerber qui me tenaille depuis avant hier. T'es une grande fille, si y'a un truc qui va pas, tu peux aussi m'en parler. Non ça va, j'suis juste exténuée en ce moment. Je te connais. Non, ça va. Ok. L'épisode de Dr House qui passe à ce moment là est sinistre. Le patient est pas récupérable. Impossible de dormir non plus, je me lève, pose la tête sur les genoux. Qu'es-ce-t'as? Rien. Retour en RER, je me replonge dans mon "the US in a nutshell" et lit le chapitre sur la Grande Dépression de 1929. La Bible me dit que de toute façon Dieu m'aime et me sauvera, Nietszch me dit de m'en foutre, et ma Blonde que c'est pas grave mon lapin c'est toutes des méchantes de toute façon. C'était tellement plus simple quand j'étais dark métalleux avec mes amis trasheux : "P'ter la gueule!". Après j'ai commencé à étudier le droit, et on m'appris qu'un problème ne se règle pas à coups de ranjos dans le cul. Ce serait quand même con de s'être tourné autour pendant deux ans, attendant de se retrouver pour que ça merde sans explications comme ça. Au pire, ça recommencerait, encore.

Pour plus de légèreté, enfin si on veut : l'Iran interdit les cabines à bronzage pour des raisons de santé publique - et pour que les jeunes femmes ne se détournent pas du Coran en bronzant, on sait jamais, ça risquerai de les désimmaculer, ce qui provoquerait l'annulation de leur mariage devant le TGI de Lille.

Et en bonus, Motley Crue qui était un groupe de glam hard rock tout pourri a décidé de sortir un nouvel album. Le single "Saints of Los Angeles" est quand même sympa. Bon calibré pour faire un hit - du genre l'album "nevermind" de Nirvana devenu icône d'une génération d'ados mal dans leur peau qui reprennent "smell like teen spirit" en boucle à la fête de la musique (alors que le grunge c'était un truc de trentenaires dépressifs) - mais faut voir ce que donne le reste.



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